CM2 · Histoire · Thème 4
Thème officiel (BO n° 22 du 28 mai 2026)
La France dans la Première Guerre mondiale (1914-1918). Question du thème : comment la Première Guerre mondiale a-t-elle bouleversé la société française ? L’escale 39 est la dernière des quatre escales de la Grande Guerre (36 l’entrée en guerre, 37 les tranchées et Verdun, 38 la société mobilisée, 39 l’armistice et le bilan).
- Objectif
- Le bilan humain de la Première Guerre mondiale.
- Attendus travaillés
- Mémoriser quelques éléments du bilan humain de la guerre, dont le nombre total de morts au combat, 10 millions dont 1,4 million de Français (étapes 2 et 4) ; situer sur une frise chronologique la Première Guerre mondiale (étape 6).
- Repères
- 1914-1918 : la Première Guerre mondiale. 11 novembre 1918 : l’armistice.
- Mots-clés
- Armistice (mot-clé du programme). Mots ajoutés : char d’assaut, bilan, gueule cassée, veuve, orphelin, traité de paix, monument aux morts, commémoration, mémoire.
- Parti pris
- De la fin des combats au monument aux morts de la commune de l’élève : un objet que chaque enfant peut voir près de chez lui. Le bilan est donné avec des chiffres simples et des visages (veuves, orphelins, blessés), sans image choquante. Les armes nouvelles ne sont pas au programme : le MDI les présente (fiche documentaire 1, p. 365) ; elles expliquent ici pourquoi les Alliés l’emportent en 1918. La distinction des quatre mots (armistice, traité de paix, commémoration, mémoire) prépare l’éducation civique du 11 novembre.
- Déroulé en 1 séance d’1 heure
- La porte du temps et l’échange oral (12 min) · récit, les 5 parties (15 min) · le monument aux morts, la scène et le bilan (12 min) · les quatre mots à ne pas confondre (8 min) · des armes nouvelles, la frise (5 min) · trace écrite (8 min).
Les mots, le tri des armes, la carte, les documents, « La joie et la tristesse », la frise de 1918 à aujourd’hui, le quiz et l’enquête sur le monument de la commune restent pour l’autonomie, la maison ou une sortie. L’escale peut être faite juste avant le 11 novembre.
- Fiches PDF
- Les cinq fiches de l’escale (leçon, documents, exercices, évaluation, fiche enseignant et corrigés) sont réunies en un seul PDF dans l’Espace enseignant de l’accueil.
- Vigilance
- 1. 1918 : offensives allemandes du printemps (à partir du 21 mars) ; Paris bombardé par des canons à très longue portée à partir du 23 mars (surnommés « Grosse Bertha » par les Parisiens, comme dans la vidéo ; la vraie Grosse Bertha était un autre canon, plus court) ; Foch nommé pour coordonner les armées alliées le 26 mars, puis commandant en chef ; seconde bataille de la Marne et contre-offensive du 18 juillet, avec des centaines de chars Renault ; Foch fait maréchal le 6 août ; « offensive des Cent-Jours » jusqu’en novembre. L’Allemagne perd ses alliés (Bulgarie le 29 septembre, Empire ottoman le 30 octobre, Autriche-Hongrie le 3 novembre) ; révolution en Allemagne, Guillaume II abdique le 9 novembre.
2. Américains : les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917 (guerre sous-marine à outrance). Environ 2 millions de soldats américains sont en France en novembre 1918.
3. Armes : mitrailleuses dès 1914 ; avions d’observation en 1914, chasse en 1915 (Garros, puis les « as » Guynemer, mort en 1917, et Fonck), bombardiers en 1918 ; premiers raids de zeppelins sur Paris en mars 1915 ; gaz le 22 avril 1915 à Ypres ; casque Adrian à l’automne 1915 ; premiers chars anglais le 15 septembre 1916 sur la Somme, premiers chars français (Schneider) le 16 avril 1917 au Chemin des Dames, char Renault FT engagé à partir du 31 mai 1918, plus de 3 000 construits. Dans l’activité, chaque arme est placée à l’année où elle apparaît (le sous-marin à 1917, année de la guerre sous-marine à outrance) : on peut accepter d’autres réponses argumentées.
4. Armistice : signé le 11 novembre 1918 vers 5 h 15 dans le wagon de Foch, au carrefour de Rethondes, en forêt de Compiègne, par Foch et l’amiral britannique Wemyss pour les Alliés, et par Matthias Erzberger pour l’Allemagne ; il prend effet à 11 heures. Conclu pour 36 jours, il est prolongé jusqu’au traité. Des soldats meurent encore le matin du 11 novembre (Augustin Trébuchon, dernier soldat français tué, vers 10 h 45). La photo du document 1 ne montre que les délégués alliés.
5. Bilan : environ 10 millions de militaires tués dans le monde (chiffre du BO) ; pour la France, environ 1,4 million de morts et disparus, environ 4,2 millions de blessés, dont environ 300 000 mutilés et 10 000 à 15 000 « gueules cassées » (l’Union des blessés de la face naît en 1921). Environ 600 000 veuves et près d’un million d’orphelins ; la loi du 27 juillet 1917 crée les pupilles de la Nation. Dix départements dévastés ; la « zone rouge » autour de Verdun ; neuf villages de la Meuse « morts pour la France » jamais reconstruits (Fleury-devant-Douaumont, Vaux, Bezonvaux…). La grippe espagnole (1918-1919, environ 240 000 morts en France) n’est pas citée aux élèves.
6. Traité de Versailles : signé le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces, cinq ans jour pour jour après l’attentat de Sarajevo, là où l’Empire allemand avait été proclamé en 1871. L’Allemagne perd l’Alsace-Lorraine, ses colonies, doit limiter son armée et payer des réparations ; elle est désignée responsable de la guerre. Les Allemands parlent de « diktat » : ce ressentiment sera exploité plus tard par Hitler. L’Alsace-Lorraine est libérée dès novembre 1918 (entrée des troupes françaises à Strasbourg le 22 novembre). Le Figaro du 12 novembre écrit « l’Allemagne a capitulé » : c’est un armistice, pas une capitulation.
7. Mémoire : environ 35 000 monuments aux morts, surtout de 1920 à 1925 (loi du 25 octobre 1919). Quelques monuments pacifistes, comme celui de Gentioux (Creuse), « Maudite soit la guerre ». Le Soldat inconnu est choisi à Verdun le 10 novembre 1920 et inhumé sous l’Arc de triomphe le 28 janvier 1921 ; la flamme est ravivée chaque soir depuis le 11 novembre 1923. Loi du 24 octobre 1922 : le 11 novembre devient jour férié. Depuis la loi du 28 février 2012, le 11 novembre rend hommage à tous les morts pour la France. Le bleuet de France vient des ateliers de mutilés. Le dernier poilu, Lazare Ponticelli, est mort le 12 mars 2008.
8. Les quatre mots : l’armistice est une convention militaire (suspension des combats) ; le traité de paix est un acte politique et juridique ; la commémoration est un rite collectif daté ; la mémoire est plus large (souvenirs, lieux, récits, enseignement) et elle évolue (place des tirailleurs, des fusillés pour l’exemple, des femmes).
9. Sensibilité : pas de photo de gueules cassées ni de cadavres ; certains élèves ont des familles touchées par des guerres actuelles. La scène du monument (1922) est une reconstitution ; les textes gravés y ont été ajoutés.
Les images marquées « Reconstitution illustrée » ne sont pas des documents historiques.
- Liens avec les autres escales
- Escale 32 (1871, la perte de l’Alsace-Lorraine) ; escale 36 (l’entrée en guerre, la Marne) ; escale 37 (les tranchées, Verdun, le casque Adrian et les gaz) ; escale 38 (l’arrière et les usines d’armement).
- Musique de la vidéo
- Musique : « String Impromptu Number 1 » (Kevin MacLeod), « Maple Leaf Rag » (Scott Joplin) et « Thaxted » (Gustav Holst), interprétés par Kevin MacLeod (incompetech.com), licence CC BY 4.0.
Corrigés rapides
Les armes nouvelles. 1914 : la mitrailleuse · 1914 : l’avion · 1915 : le zeppelin · 1915 : les gaz et le masque · 1915 : le casque · 1916 : le char d’assaut · 1917 : le sous-marin · 1918 : le canon géant. Le tri. Sur terre : la mitrailleuse, les gaz et le masque, le casque, le char d’assaut, le canon géant · dans les airs : l’avion, le zeppelin · sous la mer : le sous-marin.
Le monument aux morts. 1 La statue du poilu · 2 La liste des noms · 3 Les dates 1914-1918 · 4 Le coq · 5 La veuve · 6 L’orphelin · 7 L’ancien combattant · 8 La gerbe de fleurs.
Documents. Devant le wagon de l’armistice : photographie, 11 novembre 1918 · Le journal du lendemain : journal, 12 novembre 1918 · La signature de la paix à Versailles : tableau, 1919 · Un monument aux morts en 1920 : photographie, 1920. La joie et la tristesse : la foule, les cloches et les soldats vivants (joie) ; la veuve, le blessé et la maison détruite (tristesse).
Frise. 11 novembre 1918 : l’armistice : les combats s’arrêtent · 28 juin 1919 : le traité de paix de Versailles · 28 janvier 1921 : le Soldat inconnu sous l’Arc de triomphe · 1922 : le 11 novembre devient un jour férié · les années 1920 : un monument aux morts dans chaque commune · aujourd’hui : chaque 11 novembre, la commémoration.
Les quatre mots. Armistice : « Le 11 novembre 1918, à 11 heures, les canons se taisent. » et « Les soldats restent sur place, prêts à se battre si l’accord n’est pas respecté. » · Traité de paix : « Le 28 juin 1919, l’Allemagne signe à Versailles. » et « L’Alsace-Lorraine redevient française. » · Commémoration : « Chaque 11 novembre, le maire lit les noms devant le monument. » et « Tout le monde respecte une minute de silence. » · Mémoire : « Une famille garde les lettres de son arrière-arrière-grand-père poilu. » et « En classe, nous étudions la Grande Guerre. »
Carte. La zone dévastée : une bande le long du front, au nord et à l’est ; l’Alsace-Lorraine à l’est. 1 Paris · 2 Verdun · 3 Rethondes · 4 Strasbourg.
Trace. Les intrus sont « tranchées » et « munitionnettes » (escales 37 et 38).
Questions orales sur les 5 images du récit
- Partie 1. Qu’est-ce qui avance dans ce champ ? Qui sont ces soldats ?
- Partie 2. Où se passe la scène ? Que signent ces hommes ?
- Partie 3. Qui voit-on dans ce village ? Que lui est-il arrivé ?
- Partie 4. Pourquoi ces enfants d’Alsace accueillent-ils les soldats français ?
- Partie 5. Qui est venu devant le monument ? Que font-ils ?