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Escale HistoireVoyage dans le temps
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CM2 · La France dans la Première Guerre mondiale (1914-1918) · Époque contemporaine

Toute la société
mobilisée

De 1914 à 1918

Août 1914. Les hommes sont partis au front. Dans les champs, le blé attend d’être coupé. Qui va rentrer la moisson ? Qui va conduire les trains et fabriquer les obus ?

Pendant que les poilus combattent au front, comment toute la société, en France et dans les colonies, travaille-t-elle pour la guerre ?

Reconstitution illustrée

Pour entrer dans l’escale

La vidéo de la société mobilisée

La vidéo ne s’affiche pas ? La regarder sur YouTube (3 min 22). Musique : « Fig Leaf Rag » (Scott Joplin) et « Trio for Piano, Violin and Viola », interprétés par Kevin MacLeod (incompetech.com), licence CC BY 4.0.

Août 1914Les hommes partent au front. Le 7 août, le gouvernement lance un appel aux femmes.
Aux champsLes paysannes labourent et moissonnent, souvent sans chevaux.
En villeLes femmes conduisent les tramways, distribuent le courrier et soignent les blessés.
À l’usinePlus de 400 000 munitionnettes fabriquent des obus.
Les affichesLa propagande demande de donner son or ; la censure cache les défaites.
Les privationsIl faut des cartes pour acheter du sucre, puis du pain.
Les coloniesPrès de 600 000 soldats et des milliers de travailleurs viennent de l’empire.
Après la vidéo, on en parle
  1. Qui fait la moisson en août 1914 ? Pourquoi ?
  2. Quels métiers les femmes font-elles pendant la guerre ?
  3. Que fabriquent les munitionnettes ?
  4. À quoi servent les affiches ?
  5. D’où viennent les tirailleurs qui débarquent à Marseille ?

Étape 2 · Je lis l’Histoire

Au front comme à l’arrière

Découvre l’essentiel en cinq parties illustrées. Tu peux lire chaque page ou écouter sa narration.

Août 1914, sur la place d’un village : des femmes, un vieil homme et des enfants lisent une grande affiche blanche collée sur le mur de la mairie ; derrière eux, les champs de blé attendent la moisson.
Reconstitution illustrée
Partie 1 sur 5

Toute la France en guerre

En août 1914, des millions d’hommes partent au front. Qui va faire la moisson, conduire les trains, fabriquer les armes ? Le 7 août, le chef du gouvernement, René Viviani, lance un appel aux femmes de France : elles doivent remplacer les hommes aux champs. La guerre dure, et tout le pays travaille pour la gagner : les femmes, les enfants, les usines et même les habitants des colonies. Derrière le front, c’est l’arrière. On dit que toute la société est mobilisée.

Questions pour la classe
  1. Qui reste au village ?
  2. Que lisent ces femmes sur l’affiche ?
Audio
1915, dans un champ au printemps : trois paysannes tirent une charrue avec des cordes, un vieil homme la guide, une fillette sème derrière eux ; il n’y a pas de cheval.
Reconstitution illustrée
Partie 2 sur 5

Les femmes remplacent les hommes

À la campagne, les paysannes labourent, sèment et moissonnent, souvent sans chevaux, car l’armée les a pris. En ville, des femmes deviennent factrices, conductrices de tramway ou employées de bureau. Beaucoup soignent les blessés comme infirmières. D’autres deviennent marraines de guerre : elles écrivent à des soldats seuls et leur envoient des colis. Les femmes font tourner le pays. Pourtant, elles sont moins payées que les hommes et elles n’ont toujours pas le droit de voter.

Questions pour la classe
  1. Que font ces femmes ?
  2. Pourquoi tirent-elles elles-mêmes la charrue ?
Audio
1916, dans une immense usine d’armement : des rangées d’ouvrières en tablier remplissent et vérifient des obus sur de longues tables, sous les courroies des machines.
Reconstitution illustrée
Partie 3 sur 5

Les usines de guerre

Pour gagner, il faut des millions d’obus, des canons, des fusils et des camions. Les usines tournent jour et nuit : c’est l’économie de guerre. Des usines de voitures, comme Renault ou Citroën, fabriquent des obus et, plus tard, des chars. Plus de 400 000 femmes travaillent dans les usines d’armement : on les appelle les munitionnettes. Elles remplissent des obus dix à douze heures par jour, dans le bruit et les poudres dangereuses. Leur travail est indispensable aux soldats.

Questions pour la classe
  1. Que fabriquent ces ouvrières ?
  2. Quels dangers les menacent ?
Audio
1916, dans une salle de classe : des écoliers en blouse tricotent des chaussettes pour les soldats ; au mur, une affiche colorée ; sur le bureau, une boîte pour récolter des sous.
Reconstitution illustrée
Partie 4 sur 5

Les enfants et la propagande

Les enfants aussi participent. À l’école, ils tricotent des chaussettes pour les soldats et donnent leurs sous pour les blessés. Partout, des affiches demandent de prêter son argent à l’État ou de donner son or : c’est la propagande. Les journaux sont surveillés par la censure, qui cache les défaites. Les poilus se moquent de ces articles trop joyeux : c’est du « bourrage de crâne ». À la fin de la guerre, il faut même des cartes pour acheter du pain.

Questions pour la classe
  1. Que font ces enfants ?
  2. Que demande l’affiche sur le mur ?
Audio
1916, sur le port de Marseille : des tirailleurs sénégalais en uniforme bleu et chéchia rouge descendent d’un grand navire ; plus loin, des travailleurs indochinois déchargent des caisses.
Reconstitution illustrée
Partie 5 sur 5

Venus des colonies

La France fait aussi appel à son empire colonial. Près de 600 000 soldats viennent d’Afrique du Nord, d’Afrique noire, de Madagascar ou d’Indochine. On appelle les soldats d’Afrique noire les « tirailleurs sénégalais », même s’ils viennent de toute l’Afrique de l’Ouest. Certains se sont engagés ; beaucoup ont été recrutés de force. Ils combattent à Verdun ou au Chemin des Dames, et plus de 70 000 meurent. Environ 200 000 travailleurs coloniaux, rejoints par des Chinois, travaillent aussi dans les usines et les ports.

Questions pour la classe
  1. D’où viennent ces hommes ?
  2. Ont-ils tous choisi de venir ?
Audio

Les mots de l’escale

Clique sur un mot : sa définition s’affiche en grand sous les boutons.

L’arrière

Toute la partie du pays loin des combats, derrière le front, où vivent et travaillent les civils.

Retrouve les bonnes paires

Clique sur un mot, puis sur sa définition. Chaque paire réussie reçoit sa propre couleur et le même numéro.

Série A0 / 5 associations
Série B0 / 5 associations

0 association réussie sur 10

À retenir : le repère du programme : 1914-1918, la Première Guerre mondiale. Pendant toute la guerre, la population de l’arrière, les usines et les colonies travaillent pour l’armée.

Étape 3 · À l’arrière, tous mobilisés

À l’arrière, tous mobilisés

Une petite ville de France en 1916, loin du front. Les hommes jeunes sont presque tous partis. Qui fait tourner la ville ?

J’explore · La grande image

Retrouve les huit lieux de la ville

Fais glisser chaque étiquette dans la case numérotée du bon endroit, ou touche une étiquette puis la case. Quand tout est juste, chaque lieu s’explique sous l’image.

Une petite ville de l’arrière en 1916 : une conductrice de tramway, une factrice, une usine d’obus où travaillent des femmes, une école transformée en hôpital, une file devant la boulangerie, une grande affiche, des écoliers avec leur tricot, des travailleurs venus des colonies qui déchargent un train.
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Reconstitution illustrée

1. La conductrice de tramway

Avant la guerre, ce métier était réservé aux hommes. Dès 1915, des femmes conduisent les tramways et les métros.

2. La factrice

Elle distribue le courrier, dont les millions de lettres qui arrivent du front.

3. L’usine d’obus

Les munitionnettes y fabriquent des obus jour et nuit. Le travail est dur et dangereux.

4. L’hôpital

Une école transformée en hôpital. Les infirmières soignent les blessés revenus du front.

5. La file devant la boulangerie

Tout devient plus cher et le pain manque. En 1918, il faut une carte de rationnement.

6. L’affiche de l’emprunt

Elle demande aux Français de prêter leur argent à l’État pour payer la guerre : c’est la propagande.

7. Les écoliers

Ils sortent de l’école avec leur tricot et un panier pour récolter des sous pour les soldats.

8. Les travailleurs venus des colonies

Des ouvriers venus d’Indochine ou d’Afrique du Nord déchargent des caisses à la gare.

Questions pour la classe
  1. Où sont les hommes jeunes ?
  2. Qui conduit le tramway ? Qui distribue le courrier ?
  3. Pourquoi les gens font-ils la queue devant la boulangerie ?
Je m’entraîne · Les métiers

Qui fait ce travail en 1916 ?

Fais glisser chaque personne sur le travail qu’elle fait en 1916. Quand tout est juste, chaque carte te dit qui faisait ce travail en 1913, avant la guerre.

Labourer et moissonner le champ

En 1913 : surtout les paysans, avec leurs chevaux. Les femmes aidaient déjà ; en 1916, elles font tout, souvent sans chevaux.

Conduire le tramway

En 1913 : seulement des hommes. Ce métier était fermé aux femmes.

Fabriquer des obus

En 1913 : des ouvriers hommes, et peu d’obus. En 1916, les femmes sont des centaines de milliers dans les usines d’armement.

Soigner les blessés

En 1913 : quelques infirmières et des religieuses. Pendant la guerre, des dizaines de milliers de femmes deviennent infirmières, souvent bénévoles.

Distribuer le courrier

En 1913 : presque toujours des facteurs, des hommes.

Décharger les trains et les bateaux

En 1913 : des dockers et des ouvriers français, partis au front en 1914.

Questions pour la classe
  1. Pourquoi tous ces métiers changent-ils de mains ?
  2. Que vont devenir ces femmes quand les hommes reviendront ?

Étape 4 · Venus des colonies

Venus des colonies

La France fait venir des soldats et des travailleurs de tout son empire colonial. Clique sur les trois étapes pour voir les flèches apparaître sur le planisphère.

J’observe · Le planisphère

Trois étapes, de l’empire jusqu’à Marseille

Je place les noms sur la carte. Fais glisser chaque nom dans sa case numérotée, ou touche un nom puis la case.

ÉquateurTropique du CancerTropique du CapricorneOCÉANATLANTIQUEOCÉAN INDIENOCÉANPACIFIQUEMéditerranéeEUROPEAFRIQUEASIEAMÉRIQUEOCÉANIEL’EMPIRE COLONIALde la France vers 1914NMarseilleL’empire colonial français
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Étape 1 · L’empire en 1914

En 1914, la France possède un grand empire colonial (en rose) : en Afrique, en Asie, en Amérique et en Océanie. Des millions de personnes y vivent sous l’autorité de la France, sans avoir les mêmes droits que les Français.

Questions pour la classe
  1. Sur quels continents se trouvent les colonies françaises ?
  2. Quelles colonies sont les plus proches de la France ?
Les colonies françaisesLes soldatsLes travailleurs

Planisphère redessiné pour Escale Histoire (contours Natural Earth, empire colonial vers 1914), le même qu’à l’escale 33. Flèches simplifiées : les bateaux suivent les routes maritimes.

Je découvre · Trois portraits

Trois hommes venus de l’empire

Touche une carte pour la retourner et lire l’histoire de chacun. Ces trois personnages sont inventés, mais leur histoire ressemble à celle de milliers d’hommes.

Questions pour la classe
  1. D’où viennent ces hommes ?
  2. Ont-ils tous choisi de venir ?
  3. Que reçoivent-ils en échange ?
Pour l’enseignant, la réponse attendue : ils viennent d’Afrique et d’Asie, à des milliers de kilomètres. Certains se sont engagés, beaucoup ont été recrutés de force. En échange, ils reçoivent peu de chose : une solde plus faible, et toujours pas les mêmes droits que les Français.

Étape 5 · J’observe les traces

Quatre documents de la guerre

Ces documents datent de 1914 à 1917. Clique sur une image pour l’ouvrir en grand. « Voir la réponse » affiche les détails directement sur le document.

Document 1 · Affiche · 1914

L’appel aux femmes françaises

Le 6 août 1914, quelques jours après la mobilisation, René Viviani, le chef du gouvernement, signe cet appel. Il est collé dans toutes les communes et publié dans les journaux le lendemain, le 7 août.

Question

À qui s’adresse l’affiche ? Que leur demande-t-on de faire ?

Consulter la source originale ↗

Affiche officielle, 1914 · domaine public.

Document 2 · Photographie · 1914-1918

Une ouvrière dans une usine de guerre

Pendant la guerre, des centaines de milliers de femmes entrent dans les usines qui fabriquent des armes. Cette photographie montre une ouvrière devant une énorme machine qui façonne des pièces de métal.

Question

Que fait cette femme ? À quoi vois-tu que le travail est dur ?

Consulter la source originale ↗

Photographie, Première Guerre mondiale · domaine public.

Document 3 · Affiche · 1915

« Pour la France, versez votre or »

En 1915, la Banque de France demande aux Français d’échanger leurs pièces d’or contre des billets : avec cet or, la France peut acheter des armes et de la nourriture à l’étranger. Le dessinateur Abel Faivre réalise cette affiche.

Question

Que fait la grosse pièce d’or ? Que veut-on que les Français fassent ? Pourquoi est-ce de la propagande ?

Consulter la source originale ↗

Abel Faivre, 1915 · domaine public.

Document 4 · Affiche · 1917

La Journée de l’Armée d’Afrique

En 1917, on organise une journée pour récolter de l’argent au profit des soldats venus d’Afrique et des colonies. Le peintre Lucien Jonas dessine cette affiche.

Question

Qui est représenté au premier plan ? Pourquoi organise-t-on cette journée ?

Consulter la source originale ↗

Lucien Jonas, 1917 · domaine public.

Je m’entraîne · Les traces

Nature et date de chaque document

Pour chaque document, choisis sa nature et sa date.

Document 1 : L’appel aux femmes françaises

Nature
Date

Document 2 : Une ouvrière dans une usine de guerre

Nature
Date

Document 3 : « Pour la France, versez votre or »

Nature
Date

Document 4 : La Journée de l’Armée d’Afrique

Nature
Date
Je m’entraîne · Décoder

Vrai, ou bourrage de crâne ?

Deux phrases viennent de journaux de 1914 qui mentaient pour rassurer les Français ; deux phrases sont vraies. Fais glisser chaque phrase dans la bonne colonne.

✔ C’est vraice qui s’est vraiment passé

✘ Bourrage de crâneun mensonge pour rassurer

Décoder une affiche de propagande : qui parle ? À qui ? Pour demander quoi ? Avec quelles images ? Une affiche de propagande ne ment pas toujours, mais elle choisit ce qu’elle montre pour convaincre.

Étape 6 · Je me repère

Dans le temps et l’espace

Situe les grands moments de l’arrière sur la frise, puis colorie la zone occupée sur la carte de France.

Je m’entraîne · La frise

L’arrière, de 1914 à 1918

19141915191619171918

1914-1918 : la Première Guerre mondiale. Pendant toute la guerre, l’arrière travaille pour le front.

Fais glisser chaque événement dans la case qui porte sa date. La case dorée, le 7 août 1914, est le début de la mobilisation des femmes. En gris : deux repères des escales 37 et 39.

1914191519161917191821 février 1916 · Verdun (escale 37)11 novembre 1918 · l’armistice (escale 39)
7 août 1914
1915
24 octobre 1916
1917
mars 1918
1918
Je m’entraîne · La carte

La France en guerre : le front, la zone occupée et l’arrière

1. Avec le crayon violet, colorie la zone occupée par l’armée allemande, entre le front (en rouge) et la frontière. 2. Fais glisser les quatre villes dans leur case. Tout le reste du pays, c’est l’arrière.

ALLEMAGNEESPAGNEITALIESUISSEROYAUME-UNIMancheOcéan AtlantiqueMéditerranée
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Carte redessinée pour Escale Histoire (contours Natural Earth, frontières de 1914). Lille est occupée pendant toute la guerre ; Marseille est le port où arrivent les soldats des colonies ; Lyon et la région de Paris ont de grandes usines de guerre.

Questions pour la classe
  1. Pourquoi les usines de guerre sont-elles construites loin du front ?
  2. Pourquoi les soldats des colonies arrivent-ils à Marseille ?
  3. Comment vivent les habitants de Lille pendant la guerre ?

Étape 7 · Je mène l’enquête

À toi de prouver

Réponds, puis lis l’explication. Attention : une fois la réponse vérifiée, tu ne peux plus la changer.

Toute la France en guerre

1. Comment appelle-t-on la partie du pays loin des combats ?

Toute la France en guerre

2. Qui lance un appel aux femmes en août 1914 ?

Les femmes remplacent les hommes

3. Pourquoi les paysannes tirent-elles parfois la charrue ?

Les femmes remplacent les hommes

4. Que font les marraines de guerre ?

Les usines de guerre

5. Comment appelle-t-on les ouvrières qui fabriquent des obus ?

Les enfants et la propagande

6. Que font les enfants à l’école pour les soldats ?

Les enfants et la propagande

7. À quoi sert la propagande ?

Les enfants et la propagande

8. Que fait la censure ?

Venus des colonies

9. Combien de soldats viennent des colonies ?

Venus des colonies

10. Comment appelle-t-on les soldats venus d’Afrique noire ?

Bonnes réponses0 / 10

Étape 8 · Je retiens

La trace écrite

Fais glisser chaque mot dans le bon trou, ou touche un trou pour choisir son mot dans la liste. Attention : deux mots de la banque sont des intrus.

Pendant la guerre, toute la société est . À l’, les remplacent les hommes partis au front : elles travaillent aux champs, conduisent les tramways et soignent les blessés comme . Dans les usines, les fabriquent des obus : c’est l’économie de guerre. Les enfants tricotent pour les soldats. Les affiches encouragent la population à donner son argent : c’est la . La cache les mauvaises nouvelles. La vie est dure : il faut des cartes de pour acheter du pain. La France fait aussi venir près de 600 000 soldats de ses , comme les sénégalais, et des travailleurs pour les usines.
Trace validée
Pendant la guerre, toute la société est mobilisée. À l’arrière, les femmes remplacent les hommes partis au front : elles travaillent aux champs, conduisent les tramways et soignent les blessés comme infirmières. Dans les usines, les munitionnettes fabriquent des obus : c’est l’économie de guerre. Les enfants tricotent pour les soldats. Les affiches encouragent la population à donner son argent : c’est la propagande. La censure cache les mauvaises nouvelles. La vie est dure : il faut des cartes de rationnement pour acheter du pain. La France fait aussi venir près de 600 000 soldats de ses colonies, comme les tirailleurs sénégalais, et des travailleurs pour les usines.
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Les femmes

Elles remplacent les hommes aux champs, en ville, à l’hôpital et à l’usine, où les munitionnettes fabriquent des obus.

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La propagande

Les affiches demandent de donner son or et son argent ; la censure cache les défaites ; la vie devient dure.

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Les colonies

Près de 600 000 soldats et environ 200 000 travailleurs viennent de l’empire colonial.

Document agrandi

    Fiche enseignant

    CM2 · Histoire · Thème 4

    Thème officiel (BO n° 22 du 28 mai 2026)
    La France dans la Première Guerre mondiale (1914-1918). Question du thème : comment la Première Guerre mondiale a-t-elle bouleversé la société française ? L’escale 38 est la troisième des quatre escales de la Grande Guerre (36 l’entrée en guerre, 37 les tranchées et Verdun, 38 la société mobilisée, 39 l’armistice et le bilan).
    Objectif
    Une guerre qui mobilise toute la population et l’économie de la métropole et des colonies.
    Attendus travaillés
    Expliquer la mobilisation humaine, notamment le rôle des femmes (étapes 2 et 3), économique et industrielle (étapes 2, 3 et 5) et culturelle, c’est-à-dire la propagande et la censure (étape 5) ; la mobilisation des colonies (étape 4) ; situer la guerre sur une frise (étape 6).
    Repère
    1914-1918 : la Première Guerre mondiale.
    Mots-clés
    Aucun mot-clé propre à cette escale ; « poilus » est réemployé. Mots ajoutés : l’arrière, mobilisée, munitionnette, infirmière, marraine de guerre, économie de guerre, propagande, censure, rationnement, tirailleur.
    Parti pris
    Les « trois mobilisations » du programme, avec des visages : les femmes et les enfants (mobilisation humaine), l’usine et la munitionnette (mobilisation économique et industrielle), l’affiche et le journal (la propagande et la censure). Les colonies ont leur propre étape : les soldats et les travailleurs venus de l’empire, sans cacher que beaucoup n’ont pas eu le choix.
    Déroulé en 1 séance d’1 heure
    La porte du temps et l’échange oral (12 min) · récit, les 5 parties (15 min) · à l’arrière, la scène de la ville (12 min) · venus des colonies, le planisphère et les portraits (8 min) · une affiche décodée, « Versez votre or » (5 min) · trace écrite (8 min).
    Les mots, « Qui fait ce travail ? », la frise, la carte, les autres documents, « Vrai ou bourrage de crâne » et le quiz restent pour l’autonomie, l’aide personnalisée ou la maison.
    Fiches PDF
    Les cinq fiches de l’escale (leçon, documents, exercices, évaluation, fiche enseignant et corrigés) sont réunies en un seul PDF dans l’Espace enseignant de l’accueil.
    Vigilance
    1. L’appel de René Viviani, président du Conseil, « Aux femmes françaises », est daté du 6 août 1914 et publié le 7 août (le récit dit « le 7 août ») ; il s’adresse d’abord aux paysannes, pour finir la moisson et préparer les semailles.
    2. Le travail des femmes n’apparaît pas avec la guerre : beaucoup travaillaient déjà, aux champs, à l’atelier ou comme domestiques. La guerre leur ouvre surtout des métiers d’hommes (tramways, usines d’armement, bureaux). Après 1918, beaucoup sont renvoyées ; le droit de vote n’arrive qu’en 1944.
    3. Munitionnettes : environ 420 000 femmes dans les usines d’armement en 1918, d’abord payées environ moitié moins que les hommes. Les poudres jaunissent la peau et provoquent des explosions mortelles. Grèves de 1917 non citées aux élèves. La photographie du document 2 n’est pas datée précisément (« pendant la guerre »).
    4. Économie de guerre : la production d’obus de 75 passe de quelques milliers par jour en 1914 à environ 200 000 ; Citroën ouvre en 1915 une usine d’obus quai de Javel ; Renault fabrique le char FT à partir de 1917. Des ouvriers qualifiés sont rappelés du front (les « affectés spéciaux »).
    5. Financement : quatre emprunts de la Défense nationale (1915-1918) ; campagne de la Banque de France pour l’or en 1915 (affiche d’Abel Faivre).
    6. Censure dès août 1914 (journaux avec des blancs, surnommée « Anastasie »). « Bourrage de crâne » : expression des poilus contre les articles mensongers ; Le Canard enchaîné naît en 1915 pour s’en moquer. La phrase sur les balles allemandes vient de L’Intransigeant (17 août 1914) ; celle sur les cosaques est souvent citée d’après Le Matin (1914) : le site dit seulement « un journal français ».
    7. Rationnement : cartes de sucre en 1917, cartes de pain en 1918. Zone occupée : dix départements du nord et de l’est, en tout ou en partie, plus de deux millions d’habitants. Paris est bombardé par des canons à très longue portée à partir du 23 mars 1918 (souvent appelés à tort « Grosse Bertha »).
    8. Enfants : la loi du 27 juillet 1917 crée les « pupilles de la Nation ». L’école diffuse aussi la propagande.
    9. Colonies : environ 550 000 à 600 000 soldats « indigènes », dont plus de 70 000 morts selon les estimations. Engagés, mais aussi recrutements forcés, qui provoquent des révoltes (Haut-Sénégal et Niger, 1915-1916). En 1918, Blaise Diagne, premier député africain, mène une grande campagne de recrutement. Tirailleurs à la reprise de Douaumont (24 octobre 1916) et lourdes pertes au Chemin des Dames (avril 1917).
    10. Travailleurs : environ 200 000 travailleurs coloniaux et près de 40 000 Chinois recrutés par la France, souvent logés dans des camps, surveillés et moins payés.
    11. « Tirailleurs sénégalais » : nom officiel de tous les fantassins recrutés en Afrique occidentale et équatoriale française. La publicité Banania (1915) et certaines affiches, dont celle du document 4, donnent une image caricaturale des soldats africains : on peut en parler si on le juge utile.
    12. Amadou, Ahmed et Van sont des personnages inventés, à partir de parcours réels ; l’image d’Ahmed est un détail d’une vraie photographie de tirailleurs nord-africains (1917), celles d’Amadou et de Van sont des illustrations.
    Les images marquées « Reconstitution illustrée » ne sont pas des documents historiques.
    Liens avec les autres escales
    Escale 33 (l’empire colonial et Marseille) ; escale 36 (la mobilisation des hommes, la moisson de 1914) ; escale 37 (les poilus, les lettres et les marraines, Verdun) ; escale 39 (1918, l’armistice et le bilan).
    Musique de la vidéo
    Musique : « Fig Leaf Rag » (Scott Joplin) et « Trio for Piano, Violin and Viola », interprétés par Kevin MacLeod (incompetech.com), licence CC BY 4.0.

    Corrigés rapides

    La ville de l’arrière. 1 La conductrice de tramway · 2 La factrice · 3 L’usine d’obus · 4 L’hôpital · 5 La file devant la boulangerie · 6 L’affiche de l’emprunt · 7 Les écoliers · 8 Les travailleurs venus des colonies. Qui fait ce travail en 1916 ? Labourer et moissonner le champ : une paysanne · Conduire le tramway : une conductrice · Fabriquer des obus : une munitionnette · Soigner les blessés : une infirmière · Distribuer le courrier : une factrice · Décharger les trains et les bateaux : un travailleur venu des colonies.
    Le planisphère. 1 l’Afrique du Nord · 2 l’Afrique de l’Ouest · 3 Madagascar · 4 l’Indochine · 5 Marseille.
    Documents. L’appel aux femmes françaises : affiche, 6 août 1914 · Une ouvrière dans une usine de guerre : photographie, pendant la guerre · « Pour la France, versez votre or » : affiche, 1915 · La Journée de l’Armée d’Afrique : affiche, 1917. Bourrage de crâne : les balles allemandes « pas dangereuses » et les cosaques à cinq étapes de Berlin ; les deux autres phrases sont vraies.
    Frise. 7 août 1914 : l’appel aux femmes françaises · 1915 : « Versez votre or » : on demande l’or des Français · 24 octobre 1916 : des tirailleurs reprennent le fort de Douaumont · 1917 : les premières cartes de rationnement, pour le sucre · mars 1918 : des canons allemands bombardent Paris · 1918 : les cartes de pain.
    Carte. La zone occupée : le nord et l’est, entre le front et la frontière. 1 Paris · 2 Marseille · 3 Lille · 4 Lyon.
    Trace. Les intrus sont « tranchées » et « armistice » (escales 37 et 39).

    Questions orales sur les 5 images du récit

    1. Partie 1. Qui reste au village ? Que lisent ces femmes sur l’affiche ?
    2. Partie 2. Que font ces femmes ? Pourquoi tirent-elles elles-mêmes la charrue ?
    3. Partie 3. Que fabriquent ces ouvrières ? Quels dangers les menacent ?
    4. Partie 4. Que font ces enfants ? Que demande l’affiche sur le mur ?
    5. Partie 5. D’où viennent ces hommes ? Ont-ils tous choisi de venir ?